Divines

Sorti en 2016, Divines est un film réalisé par Houda Benyamina.

En gros, c’est une jeune banlieusarde qui rêve d’argent et de pouvoir et qui fera tout pour réaliser ses ambitions.

J’étais plus que perplexe quand j’ai lancé Divines.

Ouais encore un film sur les banlieues.

Déjà que je ne suis pas une grosse adepte des films français. Mais là j’avoue je ne comprenais pas forcément tout ce qu’il s’y disait 😀

En plus, j’ai eu de la chance. Je suis typée européenne (avec l’acné) et j’ai grandi à la campagne où la violence ne sévit pas (trop).

Du coup, je ne suis pas vraiment la personne la plus adaptée pour parler des problèmes de la banlieue.

Ce film fait un constat. Il raconte l’histoire d’une jeune qui refuse de finir comme sa mère (célibataire, alcoolique et qui se fait passer dessus par toute la cité) serveuse dans des bars chelous.

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Elle découvre la drogue et le pouvoir de l’argent et décide donc de rentrer dans le business afin de se barrer de sa ville pourrie le plus rapidement possible.

Elle veut partir loin en emmenant sa besta et sauver sa mère.

D’ailleurs, sa meilleure amie, c’est sa bouffée d’oxygène. C’est ce qui lui permet de tenir encore debout avec fierté.

Elles trainent ensemble tout le temps, font des snaps, et grignotent des snacks volés au supermarché du coin en matant des ballets de danse moderne.

J’ai adoré justement ce contraste entre la vie de banlieue dégueulasse et la beauté des mouvements des corps.

La grâce de la musique classique face à la noirceur et la violence des raps choisis pour le film.

C’est ce qui m’a fait le voir jusqu’au bout.

Parce que j’ai pu voir des jeunes caillasser la police et les pompiers parce qu’ils se font chier, voler en se faisant passer pour des femmes voilées enceintes, se droguer, et autres joyeusetés, seulement parce qu’il y avait cet espoir apporté par la danse et la poésie.

Mais au final, cette porte de sortie vers un avenir plus lumineux se referme devant notre jeune fille.

Dounia a choisi le fric et se rend compte trop tard de son erreur. Elle perd sa meilleure amie, perd son mec, perd l’espoir.

Et on nous laisse là. Sur ses larmes. Sans savoir ce qui peut se passer après.

On nous laisse réfléchir sur les choix effectués par les protagonistes, sur des solutions, ou des pistes pour améliorer les conditions d’éducation et de vie de ses jeunes en souffrance.

J’ai aimé que la religion soit abordée mais qu’elle reste effacée. Mais je ne suis pas sûre qu’elle ne reste pas un problème majeur dans les difficultés rencontrées dans notre société actuelle.

Le film considère que la religion (modérée) n’est pas un obstacle et qu’il faut voir plus loin.

Que le grand défi est de s’éloigner du monde consumériste pour se recentrer sur les vraies valeurs de la vie : l’amitié, l’amour.

On a tous fait cette erreur de croire que l’argent était la solution, comme Dounia.

Alors que finalement, il est le problème.

 

Pour toutes ces réflexions apportées après le visionnage de ce film, je peux finalement dire que je pardonne.

J’ai râlé quand j’ai vu les jeunes des cités gueuler et s’énerver contre les pompiers parce qu’ils ne voulaient pas intervenir sans la police alors que la meilleure amie de Dounia était coincée dans un local en feu.

Je me disais qu’ils étaient sacrément gonflés de se permettre de les critiquer alors qu’ils passent leur temps à cracher dessus.

Je pensais que le film cautionnait même cette attitude.

Et finalement non.

Il n’y a pas de parti pris.

Houda Benyamina a essayé de faire quasi une sorte de documentaire sur ce qu’il peut se passer (du moins je pense, je vis dans le Loir et Cher haha).

Je pense qu’elle a voulu confronter les gens à la réalité en utilisant l’histoire d’une fille coincée entre ses rêves et la cité.

Et quand j’écris les gens, c’est aussi bien pour nous (moi), les campagnards de base que les jeunes des banlieues.

C’est comme si elle posait une question : « Mais pourquoi tu réagis comme ça (wesh) ? »

 

Je pourrais finir cet article en faisant mon discours gaucho de bonne fille (bien) élevée à la campagne, comme quoi une meilleure éducation pourrait changer la situation de cette jeunesse malade.

Mais serait-ce vraiment suffisant ?

Est-ce que, en occultant la partie matérielle, on est vraiment plus heureux qu’eux ?

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