[Pit Agarmen] Je suis un dragon

Romans

  • Comment je suis devenu stupide, Paris, Le Dilettante, 2000
  • Une parfaite journée parfaite, Paris, éditions Mutine, 2002
  • La libellule de ses huit ans, Paris, Le Dilettante, 2003
  • On s’habitue aux fins du monde, Paris, Le Dilettante, 2005, publié en Espagne par Kailas, traduction de Natalia Galiana Debourcieu
  • Peut-être une histoire d’amour, Paris, éditions de l’Olivier, 2008
  • La Disparition de Paris et sa renaissance en Afrique, Paris, éditions de l’Olivier, 2010
– Prix Ouest-France Étonnants Voyageurs 2010.
  • La nuit a dévoré le monde, Paris, éditions Robert Laffont, 2012 (sous le nom de Pit Agarmen)
  • L’apiculture selon Samuel Beckett, Paris, éditions de l’Olivier, 2013
  • Je suis un dragon, Paris, éditions Robert Laffont, 2015 (sous le nom de Pit Agarmen)
  • L’Art de revenir à la vie, Paris, Le Seuil, 2016

Essais, nouvelles et autres

  • De la pluie, Ramsay, 2007
  • La mauvaise habitude d’être soi, ill. de Quentin Faucompré, Paris, L’Olivier, 2010
  • Nous avons des armes et nous ne savons pas nous en servir, avec Jakuta Alikavazovic, Lille, Nuit Myrtide, 2012
  • Manuel d’écriture et de survie, Éditions du Seuil, 2014

Jeunesse

  • Le garçon de toutes les couleurs, Paris, L’école des loisirs, 2007
  • Juke-box, collectif, Paris, L’école des loisirs, 2007
  • Conversation avec un gâteau au chocolat, avec Aude Picault (dessins), Paris, L’école des loisirs, 2009
  • Je suis un tremblement de terre, Paris, L’école des loisirs, 2009
  • Traité sur les miroirs pour faire apparaitre les dragons, Paris, L’école des loisirs, 2009
  • La bataille contre mon lit, avec Sandrine Bonini, Paris, Baron perché, 2011
  • Plus tard, je serai moi, Arles, éditions du Rouergue, 2012
  • Le Zoo des légumes, avec Sandrine Bonini, Paris, L’école des loisirs, 2013

Bande-dessinée

  • Le banc de touche, avec Clément C. Fabre, Berlin, Warum/Vraoum, 2012

 

 

Et voilà, la liste des œuvres écrites par Martin Page depuis plus de 15 ans.

 

 

Martin Page est un de mes auteurs français préférés.
Je trouve son écriture  piquante, drôle, et poétique. Il est un des rares auteurs qui peut me faire acheter un livre sans attendre sa version poche.

Je les ai quasiment tous lus (je pêche rayon jeunesse) et j’ai dû racheter « Comment je suis devenu stupide » plusieurs fois tellement je l’ai prêté sans jamais le récupérer (et ça c’est pas bien les gens, faut rendre les livres qu’on vous prête gentiment).

Martin Page n’écrit pas de romans fleuves, il n’a pas besoin de longues descriptions (bonjour Zola) pour nous mettre dans l’ambiance. Sa plume vise juste et vous déstabilise dès les premières lignes.

Je viens justement de finir « Je suis un dragon » écrit sous l’anagramme Pit Agarmen.
Je vois d’ailleurs dans ce choix de pseudo, un désir de liberté pour écrire des fictions à culture un peu plus populaire entre zombies (« La nuit a dévoré le monde ») et super héros (« je suis un dragon »), ou un besoin, en tout cas, de n’être pas celui qu’on attend.

jesuisundragon

Ce roman parle justement d’une jeune fille qui ne veut pas être celle qu’on lui demande d’être.

Orpheline, elle découvre ses pouvoirs en massacrant des camarades de classe qui venaient lui chercher des noises. Dès cet instant, elle se retrouve embarquée par les services secrets français puis américains (CIA) qui cherchent d’abord à connaître ses secrets puis à l’utiliser comme une arme lors de diverses missions.

On s’habitue à être surhumain, et très vite on comprend que ce n’est qu’une des multiples façons que la vie a trouvées pour nous dire qu’on est un inadapté.

Au début, elle cherche à se faire pardonner de ses crimes en sauvant le plus de monde possible le long des missions données par l’Etat.

Peu à peu, on a presque l’impression qu’il s’agit un jeu pour elle, elle devient une super héroïne, Dragon Girl, comme on voit dans les films ou les BD.

Mais encore une fois, l’adolescente a du mal à se construire normalement et à trouver sa place dans la société.

Certes elle ne pouvait pas mourir, mais elle n’arrivait pas non plus à vivre.

A force de chercher, elle se rend compte que finalement le monstre n’est pas elle, mais ceux qui cherchent à la dominer.

C’étaient les hommes qu’il fallait étudier, c’étaient eux, le problème.

Elle réalise que l’humain a tendance à faire le mal et que malgré son aide, il retourne à la violence et au meurtre.

Et au final, elle préfère se retirer et œuvrer en cachette.

On ne peut sauver le monde qu’en silence.

 

 

Les zombies ou les super-héros sont toujours un fond excellent pour parler de l’Homme, de ses qualités et de ses penchants.

Martin Page évoque aussi dans ce roman, deux thèmes importants à ses yeux : le féminisme et la condition animale.

Effectivement, Dragon Girl (ou plus simplement Margot -toujours l’hésitation entre deux personnalités) se rend vite compte que les hommes sont des pervers quand ils reluquent ses formes dans son costume en latex. Elle finit par demander un truc informe pour arrêter de subir ces regards libidineux. Première humiliation.
Elle se fait ensuite manipuler par son premier Amour. Elle qui pensait être enfin acceptée par quelqu’un, être « normale », se fait juste ridiculiser par un petit connard qui n’était en fait qu’en mission pour mieux l’étudier. Deuxième humiliation.

L’héroïne subit enfin une agression sexuelle. Elle hésite encore entre réagir et se taire.
Comme nous toutes, face à ces violences sexuelles qui prennent parfois la forme de petits gestes (attouchement dans le métro, etc.). Troisième humiliation.

Mais c’était celle de trop :

Nous sommes des armes. Les connards ont régné trop longtemps, Il est temps que nous assumions notre part de violence.

C’est un appel à la guerre contre ces gros dégueulasses. C’est terminé, elle décide qu’il est plus que temps que les femmes arrêtent de se laisser faire et, choisissent de se battre enfin pour leur condition. Et oui, le féminisme est loin d’être ringard, les femmes se font encore dominer par la société patriarcale :/

 

Ensuite, discrètement, Martin Page aborde les associations d’aide aux animaux et les tests en laboratoire, et décrit, de façon poignante, les singes souffrant trop souvent de scalpels inutiles.

Margot détacha le chimpanzé. La peau de son ventre avait été arrachée. Les organes apparaissaient en transparence. Poppenfick avait pratiqué des trous des deux côtés de son crâne.

Martin Page est vegan (je ne le suis pas) et on sent, en peu de mots, que le sujet le touche profondément. Et il choisit dans son livre la vengeance quand il fait disséquer par un autre singe, le docteur en question, de la même façon qu’il a vu le faire sur son camarade.

 

 

 

Je ne suis pas là pour faire un commentaire de texte sur le roman. Non seulement, parce que j’ai toujours été nulle à cet exercice, mais surtout parce que j’ai toujours détesté ça.

En gros, j’ai juste kiffé le bouquin, quoi.

Il y a beaucoup d’émotions dans « Je suis un dragon », comme à chaque fois que Martin Page se glisse dans la peau d’une femme. Je suis sûre qu’il doit aimer ça, le coquin 😀

 

 

 
Dédicace de Martin Page :

Je dédie ce livre à toutes celles et à tous ceux qui n’arrivent pas à vivre (« J’aime ceux qui ne savent pas comment vivre », Nietzsche), à tous ceux qui ont du mal à payer leurs factures, à tous ceux qui ont froid en hiver, à tous ceux qui ont été blessés, violés, battus, humiliés, méprisés, moqués. A tous ceux qui ont perdu un être cher trop tôt. A tous ceux qui perdent et à tous ceux qui chutent. Je dédie ce livre à tous les superhéros qui ne portent pas de capes, mais qui changent le monde par des actes minuscules, qui sauvent discrètement, sans bruit et sans récompense, et surtout qui se sauvent. Je ne dédie pas ce livre à ceux qui s’en sortent trop bien.

 

Ouais !

 

Martin Page
Pit Agarmen
Monstrovéganes

 

4 réflexions sur “[Pit Agarmen] Je suis un dragon

  1. Je me souviens que tu m’en avais prêté un (que je t’ai rendu sauf erreur 😀 ). Je crois que c’est « On s’habitue aux fins du monde » et que je n’avais pas trop aimé.

    Moi ce que je fais quand j’adore un bouquin, je l’offre à tout le monde, parce que je ne suis pas prêteuse 😀 hihihih

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